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barzakh :
Naissance officielle en avril 2000. Nous
pourrions vous en dire long sur le choix de
ce mot : isthme, entre-deux, entre la vie et
la mort ; référence au Coran, à la
littérature mystique arabe, au roman de Juan
Goytisolo… Mais il n’est pas toujours
nécessaire, n’est-ce pas, d’expliquer ou de
comprendre…
Tout est parti d’une passion : celle des
livres. Compagnons de longue date, ils
peuplent notre espace (l’assiégent même...)
et vivent en nous depuis toujours.
Lorsque nous étions étudiants en France
(architecture et lettres arabes pour l’un,
sciences politiques pour l’autre), nous
lisions beaucoup. Mais de littérature
algérienne éditée en Algérie, point. La
frustration était immense : les auteurs
algériens de langue française étaient
publiés à Paris, ceux de langue arabe à
Beyrouth ou Le Caire.
Une
fois revenus au pays, la vacuité ambiante et
la quasi absence de publications littéraires
nous frappent, nous choquent. Nous décidons
alors de fonder les
éditions barzakh.
Au départ,
nous voulions nous consacrer à la seule
littérature – oh ! et avec quelle ardeur,
quelle radicalité. Notre credo : donner à
entendre la voix de jeunes auteurs
(arabophones ou francophones), leur offrir
cette possibilité dans leur propre pays. Nos
choix étaient tranchés et assumés : une
écriture de l’intériorité, une écriture qui
tâtonne, qui expérimente, qui creuse et
fouaille dans les territoires de l’intime.
Au fil des années, le succès et les
difficultés aidant – car ils peuvent,
curieusement, aller de pair – nous avons
élargi notre catalogue à des essais
historiques, des études et biographies
littéraires, et aux beaux livres. Certains
diraient aussi, par pragmatisme, d’autres
par usure, d’autres encore, par ambition –
et personne n’aurait tort en vérité.
En parallèle, nous avons développé des
partenariats avec quelques maisons
d'éditions françaises, dont les
Editions de l'Aube,
du Bec en l'Air,
et Actes Sud.
Ainsi,
le roman d’Arezki Mellal, Maintenant, ils
peuvent venir (barzakh, 2000), a été
repris par les éditions Actes Sud en 2002,
de même que Cinq fragments du désert de Rachid Boudjedra (barzakh, 2001), par les
éditions de l’Aube en 2002, lequel a par
ailleurs été traduit (dans des conditions
pour le moins fâcheuses et déplaisantes - ce
qui aura eu, au moins, la vertu de confirmer
qu’il existe bel et bien une géopolitique de
l’édition) en italien et en espagnol !
Les derniers
romans de Maïssa Bey, ainsi que celui de
Nourredine Saadi publiés en 2005 par les
Éditions
de l'Aube
et concomitamment édités chez barzakh sont
emblématiques du partenariat que nos deux
maisons tentent de forger.
Enfin, le
compagnonnage avec les éditions du
Bec
en l’Air
explore de son côté l’association
image/texte, dans des livres conçus à deux,
fusion effective d’univers.
Aujourd’hui nous avons près de 60 titres à
notre catalogue.
En outre,
conscients que la littérature ne doit pas
être cantonnée à un univers d’initié, nous
tentons de décloisonner les espaces de
création et de réflexion, en favorisant des
passerelles. Ainsi, nous avons organisé
quelques expositions : les œuvres du peintre
Azwaw Mammeri (« Mémoires gardiennes », Les
voûtes d’Alger, 2000), celles du plasticien
Ammar Bouras (« Sang commentaires », Salle
Frantz Fanon, Ryadh El Feth, Alger, 2003),
et édité plusieurs catalogues de peinture
(dont « L’être d’amour », A. Bouras, Alger,
2005).
Enfin, tout
en essayant de proposer des rendez-vous
littéraires avec l’appui de partenaires
privilégiés (association Chrysalide,
Librairie Mauguin, Galerie Benyaa, Librairie
Chihab, Librairie du Tiers Monde, Espace
Noûn…), nous tentons de mettre sur pied un
projet qui nous tient à cœur : organiser une
réplique algéroise des rencontres d’Averroès
de Marseille. Les premières Rencontres Ibn Rochd, intitulées : « Vivre ensemble ? », se
tiendront en juin 2006, à la Bibliothèque
Nationale d’Algérie, et regrouperont de
nombreux intellectuels de la région
méditerranéenne.
Une manière
pour nous de poursuivre l’ouverture vers le
monde méditerranéen, vers le monde tout
court… |